Allocution du président de l’ordre des pharmaciens du Liban
Le pharmacien Ziad NASSOUR
Lors de l’inauguration de la seizième journée du pharmacien
A l’hôtel Grand Hills – Broumana le 18 avril 2010
Chers collègues, veuillez agréer mes salutations les plus distinguées et soyez les bienvenus à la seizième journée du pharmacien libanais.
Chers collègues et chère audience,
Constituant un élément de base dans le fondement sanitaire national, et afin d’interagir avec les affaires médicales et sociales du citoyen, jouant un rôle principal dans les campagnes de prévention et de sensibilisation, l’ordre des pharmaciens du Liban a voulu organiser plusieurs conférences scientifiques pour attirer l’attention des citoyens sur les questions importantes et leurs dangers, tels que les drogues devenues un fardeau international, ainsi que l’agressivité, la délinquance et la pollution.
Le sujet du dopage sera l’objet de nos premières activités scientifiques et médicales, tout en espérant collaborer pour aboutir à un état allant de pair avec tous les développements et offrant toutes les motivations, avec les ordres et syndicats compétents.
Les produits de dopage entrent au marché Libanais par des voies illégales, ayant des conséquences adverses et causant la mort. Contrairement aux médicaments vendus dans les pharmacies soumis au contrôle, ces produits sont sujets à l’offre et la demande du marché noir. Ainsi, nous devons confronter ce grand danger face auquel nos jeunes sont la seule victime, puisqu’ils les utilisent à l’aveuglette, sans aucun contrôle scientifique ou censure. En outre, ces produits sont disponibles dans les magasins et clubs sportifs, vendus par les entraîneurs pour une certaine commission. Un tel genre de sportif illégitime a changé le fameux slogan « Sain d’esprit et de corps » pour devenir « Corps musclé par le dopage ». Ainsi, plusieurs jeunes deviennent la victime des campagnes publicitaires intensives et les sollicitations de force pour atteindre leur but en un temps record.
Ces produits sont consommés en de très grandes quantités, (atténuant la fatigue, le stress, améliorant le moral et accélérant la respiration). Cependant, ils ont plusieurs effets adverses, en causant des maladies cardiaques, insomnie, perte de l’appétit, addiction et dépendance.
D’autres types sont utilisés comme analgésiques, soulageant la fatigue, agissant négativement sur les système nerveux, et causant des problèmes digestifs et respiratoires, ainsi que d’autres symptômes pouvant aboutir à la mort.
Se basant sur ce point, nous nous adressons à tous les ministères compétents, médecins, pharmaciens, infirmiers et assistants sociaux, pour collaborer tous ensemble, dans le cadre l’une étude compréhensive, afin de lancer des campagnes de prévention se basant sur les points suivants :
- Encourager et activer le rôle des commissions de contrôle,( y compris les autorités de douanes, les inspecteurs sanitaires), activer les législations et la justice afin d’imposer les sanctions les plus sévères sur l’exportateur commettant des infractions, le distributeur et le promoteur de ces produits.
- Organiser des campagnes de sensibilisation par l’intermédiaire des ligues sportives et des départements sanitaires municipaux dans les villes et villages, ainsi que dans les médias.
Tous nous sommes appelés, chacun de son côté à exercer notre rôle, dans l’intérêt de nos jeunes à l’heure actuelle et dans le futur.
Chers collègues et chère audience,
De part ma responsabilité de président de l’ordre des pharmaciens du Liban, devant vous et devant la loi, ainsi que devant ma conscience professionnelle, je confirme que malgré les importantes mesures que nous avons entrepris, sous le patronage du ministre de la santé publique, les commissions de contrôle et les autorités de douanes, pour protéger les citoyens et leur préserver le droit d’obtenir un médicament sain, ainsi que pour préserver le droit et le devoir du pharmacien d’être le seul responsable du médicament, nous nous trouvons encore dans l’obligation de réitérer des principes évidents, de clarifier certains termes et de fixer des responsabilités.
Est-il nécessaire de répéter que la profession du pharmacien est consacrée dans le monde entier pour protéger les malades, par le rôle du pharmacien spécialiste dans la science du médicament.
Est-il nécessaire de répéter aussi que la pharmacie est une science, c’est un métier de responsabilités et de discipline. Le médicament est une matière dangereuse avec plusieurs effets adverses et non une marchandise commerciale.
N’est-il pas évident que le citoyen a le droit d’obtenir son médicament d’un pharmacien spécialiste, responsable de son médicament, et non d’un promoteur, faisant de sa santé un produit de commerce.
Le commerce n’est pas interdit, mais quand cela concerne la santé de l’homme, nous serons en face d’une situation catastrophique.
Les pays civilisés renforcent la profession du pharmacien et ne permettent pas de la contourner et de la vider de son contenu scientifique, afin de protéger la santé du citoyen.
La profession de pharmacie a témoigné d’un développement scientifique rapide, nécessitant l’élaboration de la loi de la formation pharmaceutique continue obligatoire (en cours d’étude par le conseil des ministres libanais), et la loi de la pharmacie clinique, vu les intérêts de suivre de près le traitement du malade à l’hôpital et diminuer la facture des médicaments.
Ainsi, nous considérons que le pharmacien est la seule personne qui a le droit de traiter avec l’ordonnance médicale et les médicaments, en rationalisant l’utilisation du médicament et en évitant de donner un médicament incorrect ou injustifié.
Pour cela l’état a fixé un honoraire au pharmacien, non sujet aux fluctuations de la bourse, de la vente des consciences, et de l’avidité continue de certains. Cet honoraire ne représente pas un privilège pour les pharmaciens, mais le symbole de la profession et de leur responsabilité envers le malade.
Dans ce contexte, il est à signaler que les médicaments de nos jours sont très actifs et dangereux, même en petites quantités. Toute erreur ou inattention a des conséquences graves sur la santé et la vie du malade.
Ainsi, le pharmacien est tenu à déployer tous ses efforts et consacrer tout son temps pour préserver la santé du patient.
Les spéculations illégales dans le domaine de la pharmacie constituent un danger sur la vie du patient, en transformant cette profession scientifique en une activité commerciale, prescrivant des médicaments injustifiables et parfois même non nécessaires.
Lier le prix du médicament à la profession de pharmacie est une erreur historique.
Le pharmacien, propriétaire d’une officine, n’a relation aucune avec la fixation du prix du médicament.
L’état (le ministère de la santé) fixe le prix du médicament et le pharmacien est tenu à respecter le prix officiel dans son officine.
C’est le cas d’un grand nombre des pays, où les ministères de la santé fixent le prix du médicament.
Toute manipulation dans le prix officiel du médicament, transforme le pharmacien, responsable de la santé, en un commerçant dans la santé. Ainsi la vente, les achats, l’avidité, la commercialisation, l’offre et la demande et l’augmentation de la consommation remplacera le travail de spécialiste qu’est le pharmacien dans tout ce que cela veut dire d’un métier de pharmacien régi par une législation garantissant la santé des patients
La diminution du prix du médicament est une responsabilité nationale. L’état devrait adopter une politique du médicament, à respecter par toutes les autorités compétentes.
Son excellence, le ministre de la santé publique, le Dr. Mohamad Jawad KHALIFEH a joué un rôle significatif dans le domaine de révision de prix des médicaments. En effet, il a émit les résolutions organisationnelles no. 1/306, 1/51 et 1/301, réduisant la facture des médicaments d’environ 80 millions de dollars américains.
Nous, Ordre des pharmaciens, étions les premiers à collaborer, afin de satisfaire les demandes des citoyens, revendiquant la meilleure qualité pour un prix le plus bas.
Comment pouvons-nous négliger notre santé. Nous à l’ordre des pharmaciens du Liban, nous sommes en lutte continue afin de restituer l’un des droits les plus sacrés du malade au Liban, et cela dans le cadre d’une large campagne menée par l’ordre contre la contrefaçon, la contrebande des médicaments et les charlatans, qui ont en quelque sorte envahi toutes les médias.
Le contrefacteur est un véritable assassin, Et le trafiquant un voleur
Le travail qui a été fait par l’ordre des pharmaciens avec l’inspection pharmaceutique au ministère de la santé publique, était au début comme une mission impossible, mais la forte décision et l’esprit de la tenance a fait que les résultats soient positifs et le progrès remarquable dans cette lutte.
Oui, le pharmacien en infraction doit être sanctionné, à partir moment ou il représente une atteinte à la profession de pharmacie et de sa déontologie. A l’ordre des pharmaciens Nous ne nous contenterons pas de la sanction judiciaire, mais le pharmacien passera en conseil de discipline afin que la justice règne au sein de l’ordre.
Afin de sauvegarder la profession du pharmacien et de défendre son rôle de responsable, nous ne permettons pas de transformer le médicament et le patient en marchandise, et de rendre cette profession un commerce régénérant des profits aveugles.
Nous continuerons notre inspection, et nous allons continuer à œuvrer par l’intermédiaire des médias à poursuivre les trafiquants, les contrefacteurs et toute personne qui semble complice, Le rôle des médias étant crucial, pour mettre fin aux contraventions futures. En effet, les médias sont le quatrième pouvoir.
Si un nombre minime de pharmaciens s’est intégré dans un tel chemin, on ne doit pas généraliser. Notons que la majorité des pharmaciens ont supporté et supportent toujours les humiliations, pour préserver leur noble profession.
Croyez moi chers collègues et audience, nous déploierons tous nos efforts pour sauver la santé des patients, rien nous empêchera.
Nous allons interdire toutes mauvaises pratiques, telles que la violation du prix officiel, le service à domicile, le trafic du médicament falsifié et autres…
Nous poursuivrons tous les dispensaires, conçus par principe pour des causes lucratives et non pour faire des bénéfices et du commerce, et qui sont devenus par la suite et malheureusement, des centres commerciaux et des groupements électoraux.
Avant de conclure, permettez-moi de présenter mes remerciements à tous ceux qui ont participé dans la lutte pour la défense de la santé du patient, ainsi que pour les membres du parlement libanais qui ont voté des lois en conséquence, tout en espérant répondre aux autres suggestions visant à améliorer et à développer la profession du pharmacien.
Il est très important de voter les projets de lois suivants :
- Loi de la formation continue obligatoire
- Loi de la pharmacie clinique
- Loi de l’immunité du pharmacien
- Loi de la détermination du nombre des pharmaciens gradués, selon les besoins du travail
- Loi du délégué médical, comme votée par les commissions parlementaires de santé, de direction et de justice
- Restituer les médicaments vétérinaires dans le cadre du ministère de la santé publique
- Loi de la déontologie de la profession de pharmacie.
Nous revendiquons de même l’émission de la sécurité sociale obligatoire pour tout le peuple libanais, tel que adoptée par les pays développés, ainsi le prix des médicaments ne sera plus un handicap et un grand souci.
Nous demandons l’application de la loi qui a été approuvée depuis un mois, concernant la substitution d’un médicament par le médicament générique des produits dont le brevet a expiré, et d’augmenter les honoraires du pharmacien sur ces produits.
En dernier lieu, je voudrais vous remercier chère audience pour votre confiance, comme je voudrais remercier toute personne qui nous a critiqués positivement.
J’adresse aussi mes remerciements pour tout pharmacien honnête qui a œuvré pour la profession, pour le bien-être du patient libanais, jouant son rôle avec noblesse et honnêteté.
Veuillez chers pharmaciens accepter mes remerciements les plus sincères, notamment ceux qui supportent avec moi le quotidien pénible de notre profession. Nous devons toujours croire que notre rôle est sacré, malgré tous les obstacles que nous avons tous à surmonter. La solidarité fait la force. Nous devons persévérer et travailler avec assiduité, sans accepter de négocier sur la sécurité médicale du patient.
Nous devons lever ce défit. Vous êtes la seule garantie du malade.
Je voudrais remercier aussi leurs excellences les ministres :
Dr. Mohamad Jawad KHALIFEH, ministre de la santé publique
Mr. Ziad BAROUD, ministre de l’intérieur
Dr. Ali ABDALLAH Ministre de la jeunesse et du sport
Pour avoir accepté de patronner cette journée du pharmacien et les efforts qu’ils déploient chacun de son côté pour préserver la santé des citoyens.
Au nom de tous les pharmaciens, du Liban messieurs les ministres, nous espérons de vous de continuer de nous aider, afin d’améliorer la profession du pharmacien et par conséquent protéger les malades.
Merci pour les médias pour nous avoir soutenu durant cette journée, ainsi que dans toutes nos activités.
Je remercie aussi mes collègues, membres du conseil de l’ordre, qui m’ont toujours soutenu.
J’adresse mes remerciements à mes collègues, membres de la commission scientifique dans l’ordre des pharmaciens, pour les efforts qu’ils ont exercé afin d’organiser cette journée scientifique et professionnelle.
Grand merci pour tous ceux qui ont contribué aux activités de cette journée, employés de l’ordre des pharmaciens et pharmaciens.
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